Le SOPK est le trouble hormonal le plus fréquent chez la femme en âge de procréer, et l’un des plus souvent manqués — l’OMS estime que jusqu’à 70 % des femmes concernées ne sont pas diagnostiquées. Une partie de l’explication tient au nom lui-même : il désigne les ovaires, alors que le syndrome les dépasse largement.
SOPK, SMOP : de quoi parle-t-on
Le syndrome touche 10 à 13 % des femmes en âge de procréer. Depuis le 12 mai 2026, le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) a été officiellement renommé SMOP (syndrome métabolique ovarien polyendocrinien), à l’issue d’un consensus international publié dans The Lancet. Le nom change pour mieux refléter la réalité du syndrome — qui dépasse largement les ovaires — mais les critères diagnostiques et la prise en charge restent identiques. Les deux termes coexistent pendant une période de transition prévue jusqu’en 2028.
Les symptômes les plus fréquents
Cycles irréguliers ou absence d’ovulation régulière. Acné hormonale, souvent sur le bas du visage. Pilosité accrue (visage, torse) liée à un excès d’androgènes. Prise de poids ou difficulté à en perdre, en lien avec une résistance à l’insuline fréquemment associée. Chute de cheveux de type masculin dans certains cas. L’intensité et la combinaison de ces signes varient énormément d’une femme à l’autre — certaines n’ont que très peu de symptômes visibles.
Comment le diagnostic est posé
Le diagnostic repose sur la présence d’au moins deux critères parmi trois (critères de Rotterdam, toujours en vigueur) : cycles irréguliers ou absence d’ovulation, signes cliniques ou biologiques d’excès d’androgènes, et aspect ovarien polykystique. Depuis 2023, la recommandation internationale permet d’établir ce troisième critère par un marqueur sanguin, l’hormone anti-müllérienne (AMH), en alternative à l’échographie chez l’adulte — l’un ou l’autre, jamais les deux, pour éviter le surdiagnostic. Et il ne suffit jamais seul : de nombreuses femmes diagnostiquées ne l’ont pas, ce qui explique en partie pourquoi le terme « polykystique » était trompeur et a motivé le changement de nom.
Ce que le SMOP implique au-delà du cycle
La résistance à l’insuline est souvent déjà présente plutôt qu’elle n’apparaît plus tard, et le SMOP s’accompagne d’un risque accru de diabète de type 2 à plus long terme. C’est pourquoi la recommandation internationale demande d’évaluer le statut glycémique dès le diagnostic, et pourquoi le suivi doit dépasser la seule dimension gynécologique — précisément ce que le nouveau nom cherche à refléter : une approche qui prend en compte le métabolisme, pas seulement le cycle.
- Ne vous fiez pas uniquement à une échographie pour écarter ou confirmer un SMOP (ex-SOPK) — ce n’est qu’un critère parmi trois.
- Notez l’évolution de vos cycles, de votre peau et de votre pilosité sur plusieurs mois avant une consultation.
- Si un SMOP est diagnostiqué, pensez à demander un suivi qui intègre la dimension métabolique, pas seulement le cycle.
- Ne vous inquiétez pas si vous voyez encore le terme SOPK sur des documents médicaux — c’est la même réalité clinique pendant la période de transition.
Relu par le comité médical OVEA